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23.3.06

Communiqué Big Brother Awards : les gagnants 2005

Paris, 4 février 2006 - La 6ème édition française des Big Brother Awards s’est clôturée le vendredi 3 février par une cérémonie qui a récompensé les meilleurs ambassadeurs de la société de surveillance en 2005. Après projection de films d'artistes et de militants, les gagnants des cinq catégories désignant les pires politiciens, projets, entreprises ou pouvoirs locaux ayant porté atteinte aux libertés individuelles ou collectives ont été dévoilés:

Nicolas Sarkozy a été primé à l’unanimité dans la catégorie suprême pour l'ensemble de son oeuvre: pour avoir entretenu un climat de peur, et pas seulement au moment des "émeutes", pour avoir considérablement affaibli la justice et les avocats au profit de la police, pour avoir distillé un climat d’autocensure dans la presse et l’édition, pour avoir violer la loi informatique et libertés avec son spam pour l’UMP, pour avoir, à l’occasion de sa troisième loi antiterroriste, fait adopter l’extension de la vidéosurveillance, de la cybersurveillance des internautes et de l’accès policier aux fichiers administratifs (sans l’aval d’un juge), pour son zèle à demander toujours plus de contrôles.
Cette année, la biométrie est devenue omniprésente, tant dans les projets du gouvernement, les pratiques d’entreprises que, et surtout, les établissements scolaires - et avec l’aval de la CNIL, sélectionnée à nouveau via son président Alex Türk pour ses nombreux manquements.
Orwell Etat & élus :
Jean-Michel Charpin, directeur général de l’Insee, pour sa participation à l’opération au projet INES de carte d’Identité Nationale Electronique Sécurisée : en modifiant le contenu du Répertoire National d’Identification des Personnes Physiques (créé sous Pétain, à Vichy) et en créant un lien direct avec le Ministère de l’Intérieur, ce monsieur est revenu sur la séparation des fonctions statistiques et de gestion policière de la population adoptées à la Libération, nonobstant le fait qu’INES intégrera, en sus, deux identifiants biométriques mais aussi une puce RFID "sans contact"...
Orwell Entreprises : Le jury eut beaucoup de mal à départager
Lidl et Carrefour, le premier pour avoir installé 65 caméras de vidéosurveillance dans un entrepôt employant 60 salariés, le second pour avoir laissé espionner nombre de ses salariés, afin de les licencier (150 l’ont été). Lidl l’a finalement emporté : "son attitude quasi esclavagiste envers ses employés"
Orwell Localités : au
commissaire Michel Pagès, de Carcassonne, et à son complice Jean-Louis Bès, adjoint au maire de Carcassonne délégué à la sécurité, pour avoir initié un "recensement et contrôle de la population SDF et assimilés" en dehors de tout cadre légal ni judiciaire. Pas moins de trois collèges et lycées étaient cette année en lice, pour avoir installé, y compris illégalement, des bornes biométriques de contrôle d’accès à la cantine. Le jury a donc décidé de décerner une mention spéciale "Bioméflic", sinon "Biomenfant", à Armand Deprez, principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne dans le Var, pour avoir été le premier à obtenir l’autorisation d’installer de telles bornes reposant, non pas sur les empreintes digitales, mais sur l’empreinte de la main des enfants.
Orwell Novlang : Le discours le plus manipulateur de l’année est revenu, ex-aequo, au
député Jacques-Alain Benisti et à l’INSERM, pour leurs propensions à vouloir identifier, dès la maternelle (voire même avant) les signes avant-coureur de la délinquance. Le premier, dans son rapport sur la prévention de la délinquance, stigmatisait les origines sociales et ethniques des familles, incitait au placement sous surveillance des enfants (dès la maternelle), et proposait d’en finir avec le secret professionnel des travailleurs sociaux. Le second propose quant à lui "d’identifier les facteurs de risque familiaux ou environnementaux très précocement, voire dès la grossesse".

L’exposition "Le corps identité" sur la biométrie de la Cité des sciences de la Villette, "co-produite" par l’industriel Sagem, a également retenu l’attention du jury.


Nous vous rappellons qu'il est interdit de coller des chewingums sur l'objectif des caméras de vidéosurveillance
à lire: 1984 d'Orwell, folio Gallimard