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24.3.06

A lire: Philippe Muray avec Elysabeth Lévy, Festivus festivus, éd.Fayard, 2005.

Succédant à Homo festivus, personnage central d'Après l'Histoire, comme Sapiens sapiens succéda à Homo sapiens, voilà Festivus festivus, celui qui festive qu'il festive, créature synthétique intégralement représentative de l'époque qui commence. Au fil de sept grands dialogues, souvent mouvementés entre Élisabeth Lévy et Philippe Muray, sept conversations qui s'étendent sur trois ans, de juin 2001 à juin 2004 initialment parues dans la revue Immédiatement : on suit ses aventures à rebondissements du Larzac en Irak, de Bagdad à Paris-plage, de la Nuit blanche à la canicule noire, des intermittents en convulsion aux tortionnaires d'Abou Ghraïb, de " Loft story " au mariage gay, de l'élection de Delanoë aux pérégrinations des damnés de l'alter (mondialisme), des jugements angéliques du tribunal pénal international au 21 avril, la grande " quinzaine anti-Le Pen ", des anecdotes les plus futiles aux plus vastes bouleversements. La société va, entre hyperterrorisme galopant et déconstructions multiples menées tambour battant, entre démolitions venues de l'extérieur et saccages joyeusement assumés. Ce livre tente de dresser son portrait. Dernier homme occidental (au sens de Nietzche), libéré de toute réalité, imposant son monde onirique comme vérité définitive et conscience du temps, voilà l'individu totalement pléonastique, autodévorateur, autoadorant et autofestivant, sans tiers, sans ombre, sans aliénation, nouveau robot (au sens de Bernanos) enthousiaste de la modernité moderne. De l'ancien humain, il lui reste certes quelques éléments ; mais, de la machine, il a déjà les roulettes, lesquelles le différencient fortement de l'humanité classique. Et ce n'est encore que la moindre de ses divergences avec celle-ci… Philippe Muray pense qu'on ne peut pas transiger avec le monde contemporain : " Il faut le rejeter en entier. Ce n'est pas un droit, c'est un devoir. "
(librement adapté de éditions Fayard)

Dieu daigne recevoir en son Royaume cet "enfant de Bloy par la colère, de Céline par la fièvre et de Rabelais par l'imagination", comme l'écrit si justement Sébastien Lapaque, dans son article du Figaro du 9 Mars 2006.