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21.3.06

Nos Maîtres: Socrate

Né à Athènes, en 470, à la fin des guerres médiques Socrate eût pour mère une sage-femme et son père, Sophronisque, était sculpteur. Il reçut l'éducation de son temps, gymnastique, musique, réthorique. A-t-il suivi l'enseignement de tel ou tel philosophe ? Peut-être. En tout cas, vivant au temps le plus brillant d'Athènes, le "siècle de Périclès", contemporain d'un Sophocle et d'un Euripide, il a connu, au long de ses soixante-dix ans de vie, la grandeur et la décadence de sa patrie.
Au physique, il était fort laid si l'on en croit ses disciples Xénophon et Platon: il était chauve, avait le nez épaté, et ressemblait à un satyre. cela ne laissa pas de scandaliser les Athéniens pour lesquels la beauté physique était le signe de la beauté morale.
Sa tenue vestimentaire était simple et il allait nus pieds...
Il épousa Xanthippe dont la tradition nous dit qu'elle fut une femme acariâtre et dont il eut trois fils.
La personnalité véritable de Socrate pose également une énigme : Xénophon le portraitise comme fruste et banal, Platon l'idéalise et lui prête ses propres conceptions philosophiques, Aristophane le croque dans sa pièce Les Nuées. Nous n'avons aucun écrit de Socrate car son enseignement était exclusivement oral.

Son "école", c'est l'agora, la place publique où il se promène au milieu des petites gens comme des aristocrates, bavardant avec tous et les interrogeant, en prenant comme sujets de méditation les mille et un problèmes de la vie quotidienne. Il va répétant qu'il a reçu comme mission des dieux d'éduquer ses contemporains. Cet oisif, qui n'exerce aucun métier et a choisi de vivre pauvrement, et contrairement aux sophistes qui faisaient payer fort cher leurs leçons, il enseigne gratuitement, particulièrement à la jeunesse aristocratique qui s'attache à lui. Le courage de Socrate s'allie à une maîtrise de soi en toute circonstance : il n'est jamais ivre (même après avoir beaucoup bu ! ), ne s'emporte jamais et supporte avec flegme injures ou critiques. En 399 Socrate est accusé par Anytos et deux acolytes dans les termes suivants : "Socrate est coupable du crime de ne pas reconnaître les dieux reconnus par l'Etat et d'introduire des divinités nouvelles ; il est de plus coupable de corrompre la jeunesse". Le châtiment requis est la mort. Socrate se défend seul. La condamnation à mort de Socrate fut votée par le parti démocratique. Socrate dit alors un dernier adieu à ses juges en leur promettant un châtiment beaucoup plus pénible : celui de voir croître ses disciples. Jetté en prison, Socrate n'est pas exécuté immédiatement, pendant les trente jours de son emprisonnement, il s'entretient avec ses disciples qui lui proposent en vain un plan d'évasion. Le jour où il boit la ciguë, il consacre ses derniers moments à dialoguer avec ses amis sur l'immortalité de l'âme : ces propos nous sont rapportés dans le dialogue du Phédon de Platon. Il meurt en 399, quelques années après la fin de la guerre du Péloponnèse et de la tyrannie des Trente. Le procès "démocratique" de Socrate reste un modèle d'iniquité, et ressemble à une propédeutique antique à celui, exemplaire, du Christ, modèle de celui de Jeanne d'Arc, et plus proche de nous de Maurras... Socrate, et comme hélène et père paradoxal de la philosophie, sera toujours la référence des pensées aristotelo-platoniciennes, du thomiste, et du classicisme de l'Action Française, et la source vive du platonisme réaliste d'un Boutang...
à lire: L'apologie de Socrate, le Livre X de la République de Platon, les pages du Maurras de Boutang relatives au procès pour "intelligence avec l'ennemi", et Maurras en justice de Maître Wagner.