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30.4.06

30 Avril 1863: Camerone

Camerone
Garçon, regarde bien cette page d'histoire, Et n'oublie pas ce nom : Camerone, Camerone, Camerone. Le ciel de feu du Mexique A jamais se souviendra De ce combat héroïque Dans les murs de l'hacienda. Dans ce décor gigantesque La terre se désaltérait Du sang qui coulait, dantesque, Sur la prairie qui brûlait. A Camerone, à Camerone Garçon, sur le chemin qui conduit à la gloire, Tu dois trouver ce nom: Camerone, Camerone, Camerone. Garçon, si ton destin exige une victoire, N'oublie jamais ce nom : Camerone, Camerone, Camerone. Pour l'honneur de la légion: Sachant qu'ils allaient mouri, Jusqu'au bout de leur mission, Fiers de tomber pour l'Empire Ils étaient soixante-deux, Face à deux mille cavaliers Le soleil baissait les yeux Lorsqu'ils furent exterminés. A Camerone, à Camerone Ce nom qui sonne et qui résonne, Ce nom qui tonne et qui t'étonne Camerone, Camerone, Camerone. Camerone, Camerone, Camerone.Camerone, Camerone, Camerone.
Texte de la chanson Jean Pax-Meffret

Le récit du combat de Camerone
L’armée française assiégeait Puebla. La légion avait pour mission d’assurer, sur 120 kilomètres, la circulation et la sécurité des convois. Le Colonel Jeanningos, qui commandait, apprend le 29 avril 1863, qu’ un gros convoi emportant trois millions en numéraire, du matériel de siège et des munitions était en route pour Puebla. Le Capitaine Danjou, son Adjudant-major le décide a envoyer au devant du convoi une compagnie. La 3ème compagnie fut désignée mais elle n’ avait pas d’ officier disponible. Le Capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et les Sous-lieutenants Maudet, porte drapeau, et Vilain, payeur, se joignent à lui volontairement. Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3ème compagnie, forte de trois officiers et soixante deux hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, à 7 heures du matin, elle s’ arrête à Paolo Verde pour faire le café. A ce moment l’ ennemi se dévoile et le combat s’ engage aussitôt. Le Capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite. Repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant à l’ennemi des pertes sévères. Arrivé à l’ hauteur de l’ auberge de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’ un mur de trois mètres de haut, il décide de s’ y retrancher pour fixer l’ennemi et retarder ainsi le moment ou celui-ci pourra attaquer le convoi. Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge, un officier Mexicain, faisant valoir la grosse supériorité du nombre, somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : « Nous avons de cartouches et ne nous rendrons pas ». Puis levant la main, il jura de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même serment. Il était dix heures. Jusqu’à six heures du soir, ces soixante hommes qui pas mangé ni bu depuis la veille, malgré l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à deux mille Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins. A midi le Capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine. A deux heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’ une balle au front. A ce moment le colonel Mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs souffrances, les Légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux son frappés, à cinq heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne reste que douze hommes en état de combattre. A ce moment, le colonel Mexicain et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de braves (un légionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses paroles). Les mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont réussi à ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris. L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Léonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et réfugiés dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face, à un signal, ils déchargent leurs fusils à bout portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baïonnette. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés à mort. Maudet et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve ; il leur crie : « rendez-vous ! » - « nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et soigner nos blessés et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes. « On ne refuse rien à des hommes comme vous ! » répond l’officier. Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment; pendant onze heures ils ont résisté à deux mille ennemis, en ont tué trois cents et blessé autant. Ils ont, par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait été confiée. L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Régiment étranger et que de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris. En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’ emplacement du combat. Il porte l’inscription :

Ils furent ici moins de soixante
Opposés à toute un armée,
Sa masse les écrasa.
La vie plutôt que le courage
Abandonna ces soldats
FrançaisLe 30 avril 1863.
A leur mémoire la Patrie éleva
Ce monument.

Depuis lorsque les troupes mexicaines passent devant le monument, elles présentent les armes.