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30.4.06

Extraits du livre de S.S Benoît XVI (alors Ratzinger) sur la politique

extraits de « Werte in Zeiten des Umbruchs »,« Les valeurs en temps de crise » publié peu de temps avant son élection par l'actuel Pape Benoît XVI.
a) la politique est le domaine de la Raison, calculatrice mais aussi morale, visant la paix et la justice. Cette raison morale doit être défendue car l’esprit de parti obscurcit la conscience morale. Trois valeurs dominatrices vues de façon unilatérale menacent cette raison morale : le progrès, la science et la liberté. Le progrès technique doit être régulé par la morale car sinon, il peut amener l’homme à s’autodétruire. Il faut refuser la fausse perspective de l’homme nouveau du marxisme comme du libéralisme. L’homme reste le même et il ne faut pas détruire l’homme présent au nom d’un homme futur. La science aussi, qui a fait la bombe atomique, doit se soumettre à des règles morales pour ne pas conduire à une société inhumaine où seuls le pouvoir et le commerce seraient déterminants. La liberté devient enfin une idole si elle n’est pas soumise à la justice.
b) La raison doit se libérer de ces mythes. Le mythe de la décision à la majorité doit aussi être renversé. Cette technique peut être utile mais elle ne saurait devenir une valeur suprême. La majorité ne peut par exemple décider de tuer des innocents. La raison morale est au dessus de la loi majoritaire. La science politique de l’Antiquité, du Moyen Age et de la Renaissance admettait la notion de droit naturel (Naturrecht). Aujourd’hui, ce droit naturel est considéré comme non universel mais purement catholique : c’est là la crise de la raison politique, la crise du politique car la raison partisane ne reconnaît plus de valeurs universelles rationnelles.

La paix, la justice et la dignité de l’homme sont les vrais valeurs supérieures. Le droit de vivre, notamment, de l’innocent doit être protégé contre les mythes de la liberté et de la science qui sont utilisés pour justifier l’avortement. La liberté d’insulter le sacré des autres n’est pas admissible. Enfin, la destruction du mariage et de la famille ne l’est pas davantage.