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23.5.06

Christophe de Ponfilly s'en est allé

Christophe de Ponfilly, 'né le 5 janvier 1951) est décédé le 16 mai 2006 à l'âge de 55 ans. Il était auteur, réalisateur, producteur documentariste et l'un des journaliste français les plus atypique de sa génération. Il a également fondé l'agence de presse Interscoop.
Il a réalisé plus d'une quarantaine de reportages et de documentaires, dont plusieurs sur l'Afghanistan et le commandant Massoud, dont il pouvait dire sans rougir qu'il était son ami. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages comme Massoud l'Afghan (1998), Vies clandestines (2000), une série de portraits des "Afghans" français, médecins, infirmières, aventuriers, partis aider le peuple afghan lors de sa lutte contre le Moloch soviétique, ou encore de Lettre ouverte à Joseph Kessel, sorte de cri de colère et dialogue intime avec son devancier, où il confie son désespoir de fin connaisseur du royaume afghan, navré à mort suite au déluge d'inepsies et de crimes qui a fait suite au bombardement de la côte est-américaine du 11 septembre 2001.
Christophe de Ponfilly venait de réaliser son premier film de fiction pour le cinéma, L'étoile du soldat, relatant les aventures d'un jeune soldat russe contraint d'effectuer son service militaire en Afghanistan. Fait prisonnier, il découvre le véritable visage de ceux qu'il est censé combattre. Ce film devrait sortir en France en automne 2006, le livre associé au film vient de paraître aux éditions Albin Michel.

Avant le 11 septembre, Christophe de Ponfilly avait accepté le principe d'un entretien avec nous pour la revue Les Epées, prévues pour le 28 août 2001, alors que l'Afghanistan était un pays à la dérive qui n'interressait personne, nous avions pu en discuter au téléphone et il nous disait alors ce que prédisaient tous les connaisseurs du pays, à commencer par Massoud qui résistait au pouvoir Taliban: l'Afghanistan pourrait devenir le trou noir de la politique mondiale... Retenu aux Etats-unis dans les premières semaines de septembre, ildevait rentrer le 12 ou 13 septembre, et nous devions faire cet entretien, que finalement il nous donna par téléphone malgré son deuil cruel et le fait que toutes les télévision de la galaxie voulaient l'avoir sur leurs plateaux...

Lorsque Massoud est mort, je vous écrivais, cher Christophe, par le biais d'un article dans l'A.F. sur votre dernier livre d'alors, que ma génération connaitrait deux tragiques impossibilités: celle d'être comptée au nombre de vos "Afghans", vos french doctors, et celle de connaître Massoud, le Lion du Panchir, maintenant que vous avez rejoint votre ami, je me permets d'ajouter qu'en nous quittant si jeune vous m'interdisez de devenir votre ami... le temps nous aura manqué, malgré quelques rencontres souvent riches, toujours émues...
Adieu Christophe. A Dieu.

Entre autres dizaines de distinctions, Prix Albert Londres, 1985

Choix de films: Massoud et la délégation de l'espoir
Vies clandestines, nos années afghanes
Paris by night (France), dans la collection «Aux p'tits bonheurs, la France»
Monsieur le Rabbin (France), dans la collection «Aux p'tits bonheurs, la France»
Massoud, l’Afghan
La Jeanne s’en va-t-en mer
L’Ombre blanche au pays des Papous (Francescci en Indonésie)
Les derniers Pirates
Naître, des histoires banales mais belles
Nos enfants de la patrie
Antoine Blondin (France), dans la collection "Un siècle d'écrivains"
Une autre façon d'être blanc (Zimbabwé)
Les damnés de l'URSS et Soldats perdus (Afghanistan, Canada)
Une vallée contre un empire (Afghanistan)