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3.6.06

Compte-rendu du CJB du 23 05 2006: "Géopolitique d'Abord!"

Devant la vacuité de la politique étrangère Française actuelle, il convenait de s’interroger sur les conditions nécessaires pour pratiquer avec efficacité cet art subtil qu’est la relation entre nations. C’est pour cela que le cercle Jacques Bainville avait décidé de se réunir sur le thème de « Géopolitique d’abord ». Maurras, dans son œuvre majeure sur la politique étrangère, Kiel et Tanger, fustigeait la démocratie parlementaire pour son incapacité à mener une politique étrangère cohérente du fait de l’instabilité chronique des gouvernements. Ne se contentant pas d’une dénonciation stérile, il posa dans ce livre les jalons qui devait permettre un renouveau de la politique étrangère française et dont les enseignements sont toujours valables à l’heure actuelle. Tenir compte de la géographie est un des points clés proposé par le vieux maître, en effet celle-ci prime dans les relations interétatiques comme le prouve l’exemple des frontières actuelles de l’Afrique dont certaines dessinées arbitrairement sont sources de conflits innombrables. De plus il convient selon lui d’avoir une mémoire de la continuité, ce que semble oublier aujourd’hui certains européistes fanatiques, car si l’histoire est souvent marquées de ruptures, il n’en reste pas moins que ce sont les éléments de continuité qui doivent nous guider face à la situation présente. Tous ces éléments amènent à nous placer dans le temps long pour mener une politique étrangère cohérente, chose qui n’est possible qu’avec des institutions fortes et un gouvernement stable ayant la mémoire longue… Quel régime est capable de réunir toutes ces conditions? Certainement pas notre chère démocratie qui de repentance en renoncements a sacrifié la souveraineté nationale et le concept de puissance française qui, pourtant, serait bien utile dans notre monde où il manque bien souvent un contrepoids aux hégémonies, un arbitre. La monarchie par contre semble bien rassembler toutes ces conditions. L’exemple de la monarchie Marocaine, même s’il diffère quelque peu du modèle français, est assez intéressant : Mohamed VI, s’il ne gouverne pas comme son père, se place tout de même dans la continuité de celui-ci : renouveau mais continuité qui sont les bases d’une politique étrangère cohérente et efficace, non pas inféodée aux partis et aux lobbies, c’est à dire indépendante des factions et aux factieux, la Monarchie reste souple et peut ainsi œuvrer pour l’intérêt supérieur de la Nation, ce que semble avoir quelque peu oublié monsieur Chirac… Il convient que la France se donne les moyens de sa grandeur car, sans politique étrangère dynamique, elle sera condamnée à végéter parmi les puissances moyennes et ceci contre l’intérêt du monde qui restera alors soumis à l’impérialisme américain. A l’heure actuelle, celle de l’auto-flagellation et de la haine de soi, le budget accordé au Quaia d’Orsay n’est plus que de 1% de celui de l’état ! Comment pratiquer une politique étrangère décente dans ces conditions ? Une fois de plus c’est en ces moments de crise que la monarchie révèle son caractère indispensable…

A lire: Géopolitque, constantes et cahngements d'Aymeric Chauprade, Ellipses, 2003, 960 pages, 49€
Les fous d'Afrique -Amère méditerranée -Indochine, l'envoûtement tous du même auteur, Jean de la Guérinière
et enfin Kiel et Tanger de Charles Maurras


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