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1.6.06

Jeanne 1990 et 1991, un "ancien" témoigne...

La Jeanne '91 ici

"En 1990, le défilé a été interdit pour "risque de trouble à l'ordre public"
(la profanation du cimetière de Carpentras, dans laquelle nous n'étions évidemment pour rien, avait servi de prétexte). Nous avions alors été pris de court. Une centaine de nos militants avaient alors occupé Notre Dame de Paris, avec drapeaux et banderolles, et dans un communiqué de presse nous avions demandé asile à Mgr Lustiger... lequel, invité le soir même par Anne Sinclair à la télé, s'était montré très, très embarrassé sur le sujet...Trois jours après (le mercredi), nous avions organisé un rassemblement de 200/250 étudiants et lycéens à la statue, avec Jean-Edern Hallier (nous étions 3 à avoir négocier sa présence, **, ** et moi-même) qui avait lu un poème de Bernanos à Jeanne d'Arc sous les crépitement des photographes de presse...
En 1991, rebelotte et nouvelle interdiction pour le même motif vague "risque de trouble à l'ordre public". Nous avons tenter de fairte casser juridiquement la décision en référé (sans grand espoir...) mais cette fois nous avions eu le temps de nous y préparer. Tandis que l'on me notifiait personnellement (c'est l'usage) l'interdiction et ses motifs dans un commissariat du XIIIème, un communiqué partait de l'AF expliquant que nous ne nous plierions pas à cette interdiction. Dès le dimanche matin avant 6H (pour éviter perquisitions et les arrestations au domicile), les responsables étudiants et lycéens étaient soit dans les locaux, soit sur les lieux de rendez-vous qui leur avaient été assigné. Nous avions mis au point un système pyramidal de rendez-vous, avec déplacement dans de fausses directions, éclatement des groupes et reconstitions ailleurs pour éviter les filatures et les repérages pour cause de concentration humaine. Et à l'époque, les portables n'existaient pas. Au final, puisque l'ensemble du secteur était bouclé par près de 1500 CRS et gardes mobiles (si j'en crois les conversations que nous interceptions sur les ondes police par scanner) et que les stations de métro étaient fermées, il nous semblait très difficile d'amener au coeur du dispositif policier des éléments nombreux. Mais nous avions eu l'idée de cacher notre Service d'Ordre et nos militants... dans la file d'attente du musée du Louvres. Rien de telle qu'une foule pour se cacher...A 11H (11h05 en réalité, car nous avions pris un peu de retard), nous avons déclencher l'attaque, à mains nues. Trois barrages de CRS ont été franchis, le dernier difficilement à cause de nos pertes, et la statue a été atteinte. Une poignée de fleurs piétinées a pu y être posé.Toute la matinée des petits groupes de militants, souvent des lycéens, ont harcelé les forces de l'ordre (jets de bouteilles, de pierres, etc) parfois dans des périmètres assez éloignés de la statue (vers l'Opéra par ex.). Le bilan de cette matinée s'est élevé à environ 60 arrestations. Alors que tout semblait devoir être terminé. Nous avons déclenché dans l'après-midi l'opération "Panthéon" (je pourrais presque dire "je", parce que la quasi totalité des cadres avait déjà été arrêté). Le message était le suivant: "La République nous interdit Jeanne d'Arc, nous confisquons le Panthéon". Plus d'une centaine de militants et de militantes ont donc forcé les entrées du panthéon et occupé le batiments, pendant près d'une heure avant d'en être délogé par les gardes mobiles après quelques échauffourées. Bilan de l'après midi: 150 arrestations. L'opérations sur le Panthéon avait généré une petite panique dans les rangs des forces de l'ordre qui ont levé les dispositifs de la place des pyramides (statue de Jeanne d'Arc) pour se porter en renfort dans le quatier latin. C'est ainsi qu'un dernier groupe de militant a pu, très sereinement cette fois, rendre un hommage serein à la Sainte de la Patrie et fleurir normalement la statue. Dans le courant de la soirée, les derniers militants arrêtés (dont mon petit frère et ma petite soeur...) ont été libéré.
Le défilé a été autorisé en 1992.

La Jeanne '92 ici

3 Comments:

At 20:46, Anonymous adrien C said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At 00:36, Anonymous Anonyme said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At 20:36, Anonymous Anonyme said...

Le témoignage est sympathique, mais ne serait-il pas possible d'en corriger les trop nombreuses fautes d'orthographe ?

 

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