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1.6.06

La méditérannée de Maurras

"Soit, mais je suis un drôle de Méditerranéen ; ma Méditerranée ne finit pas à Gibraltar, elle reçoit le Guadalquivir et le Tage, elle baigne Cadix, Lisbonne et s'étend, bleue et chaude, juqu'à Rio-de-Janeiro. Elle atteint le Cap Horn, salue Montevideo, Buenos-Ayres et, sans oublier Valparaiso ni Callao, elle s'en va, grossie de l'Amazone et de l'Orénoque, rouler dans la mer des Caraïbes, caresser amoureusement nos Antilles, puis Cuba et Haïti, ayant reçu le Meschacébé du grand enchanteur de Bretagne ; elle court au Saint-Laurent et, sauf de menues variations de couleur ou de température, va se jeter dans la baie d'Hudson où elle entend parler français. Le caprice de cette Méditerranée idéale le ramène alors à notre hémisphère, mais non pas nécessairement pour revoir Baléares, Cyclades, Oran ou Alger, car Anvers ni Gydnis ne lui sont pas plus étrangers que les Polonais et les Belges ne lui apparaissent barbares : ma Méditerranée ne demande pas mieux que de devenir nordique ou baltique pourvu qu'elle rencontre, ici ou là, les deux lucides flammes d'une civilisation catholique et d'un esprit latin..."


Charles Maurras, Soliloque du prisonnier.
vu sur dies irae

2 Comments:

At 16:07, Anonymous Anonyme said...

On dit Méditerranée et méditerrené....

 
At 00:55, Blogger seb2ker said...

faute de frappe
corrigée
merci

 

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