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28.6.06

Verdun

Vu sur le blog de JP Chauvin

(...)"Une idée trop souvent, et à tort, répandue : celle qui consiste à ne voir que « la République » au combat et oublie que les motivations des combattants étaient d’abord patriotiques avant que d’être politiques. J’ai été très marqué, il y a une dizaine d’années, par la lecture de Tombeaux qui regroupe des articles nécrologiques publiés par Maurras dans L’Action française et qui est un véritable mémorial de ces royalistes qui n’ont pas hésité, République ou pas, à répondre à l’Union sacrée et à l’appel de la patrie : toute la jeune génération du néo-royalisme des années 1910 a été fauchée, dont Henri Lagrange, l’un des plus brillants esprits du Quartier latin, mort à 20 ans en 1915, ou Henry Cellerier, dont le corps n’a jamais été retrouvé, auteur d’un livre La Politique fédéraliste dont les nombreuses pages blanches témoignent du passage de la censure.

Ces jeunes soldats ne sont pas morts pour la République, qu’ils combattaient dans le civil, mais pour la France, au-delà des institutions elles-mêmes : leur attachement à la patrie n’était pas idéologique mais « charnel » et historique. Ils savaient que la France vaincue, c’est la pire des épreuves, c’est l’occupation, la fin de la liberté. C’est ce sentiment que Maurras résumait par cette formule simple : « De toutes les libertés humaines, la plus précieuse est l’indépendance de la patrie ». C’est elle, en effet, qui garantit et permet les autres, même si elle n’en est pas la seule condition. On a pu, d’ailleurs, le constater dans la guerre suivante où la défaite a entraîné cette Occupation de quatre ans dont notre pays n’a pas encore réussi à faire le deuil, en particulier sur le plan de l’Histoire et de la mémoire…

Verdun est, au-delà de la gloire et de l’héroïsme, tous deux indéniables et sans doute sauveurs en cette occasion, une page terrible de notre Histoire : il serait dommage d’en oublier les leçons, car cet oubli porterait en lui les possibilités de revivre des drames analogues, par imprudence ou lâcheté.(...)