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1.9.06

ABC du royalisme social : Leçon n°7

Rôle social de la corporation
Suffit-il d’organiser le travail de telle sorte que nous n’ayons plus que de bons produits ?
Non, il faut encore et surtout que le travail entretienne celui qui produit. L’entrepreneur fait travailler pour produire, mais l’ouvrier travaille pour vivre. Il importe donc que la production ne soit pas détournée de sa destination sociale, et elle l’est lorsqu‘elle dépasse les besoins de la consommation ou encore lorsque l’entrepreneur vise à gonfler son gain en rognant sur les salaires de l’ouvrier. On doit se préoccuper davantage de ce qui est, en définitive, la fin principale du travail, c’est-à-dire de la subsistance du travailleur. Et c’est pourquoi la corporation a un rôle social à remplir.

En quoi consiste le rôle social de la corporation ?
A résoudre la question sociale, c’est-à-dire le problème de la sécurité et de la dignité du travailleur.

Que faut-il entendre par le mot SÉCURITÉ du travailleur ?
Par sécurité du travailleur nous entendons l’assurance de ce travailleur contre les risques de la vie : risques du chômage, des accidents, de la maladie, de l’invalidité vieillesse.


Quelle garantie contre ces risques divers la corporation apporte-t-elle au travailleur ?
Tout d’abord, la corporation peut empêcher de nombreuses crises de chômage par le fait qu’elle organise la production. Si le chômage n’a pu être évité, le patrimoine corporatif appuie le travailleur dans les cas d’accidents, de maladies ou d’infirmités ; c’est le patrimoine corporation encore qui assure le pain de la vieillesse.

Suffit-il d’arracher le travailleur à l’insécurité de l’existence ?
Non, il faut encore l’élever en dignité, c’est-à-dire lui assurer des conditions de travail qui lui permettent de faire face à toutes ses charges personnelles et familiales.
Comment la corporation assure-t-elle à l’ouvrier de bonnes conditions de travail ?
Par le retour à l’une des meilleures pratiques de la corporation du passé. Au temps de la prospérité corporative, syndics des maîtres et syndics des artisans réglaient contradictoirement le prix des salaires. Pourquoi le conseil corporatif ou la chambre corporative ne donneraient-ils pas obligatoirement leurs avis sur les tarifs et règlements du travail ? Les patrons seraient protégés contre une concurrence sans limite ; les ouvriers contre l’avilissement des salaires. Les grèves et les lock out seraient par là même évités.

A quoi aboutit l’exercice du rôle social de la corporation ?
A l’abolition du prolétariat et l’affranchissement du travailleur. Arraché à l’insécurité de la vie, assuré que son travail lui permettra une existence honorable, l’ouvrier cesse d’être un prolétaire, c’est-à-dire un homme campé dans la société.
Par la possession d’état, le régime corporatif l’installe dans la société, lui restitue ce droit de cité dans la patrie française que la Royauté lui avait garanti durant six siècles et que la révolution lui
a enlevé le 14 juin 1791 (loi Le Chapelier). Au résumé, le régime corporatif lie le sort du travailleur à la fortune de la Patrie.