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11.9.06

ABC du royalisme social : Leçon n°9

DU SYNDICAT À LA CORPORATION
L’Etat ne doit donc pas créer de toutes pièces le régime corporatif ?
Non, ce n’est pas son affaire. En matière d’organisation du travail, il n’y a pas de législateurs plus éclairés que les travailleurs eux-mêmes.

L’Etat doit-il donc se borner à contempler en spectateur indifférent le travail de réorganisation corporative ?
Non, sans doute, l’Etat doit intervenir, mais c’est pour briser les barrières qui empêchent le monde du travail de s’organiser ; c’est pour abolir les lois qui entravent l’évolution du syndicat vers la corporation.

L’Etat n’a-t-il pas encore un autre devoir à remplir ?
L’Etat doit favoriser l’éclosion du germe corporatif, reconnaître la corporation une fois formée et homologuer ses règlements. Ainsi procéda l’Etat sous Saint Louis. Le roi chargea le prévôt de Paris, Etienne Boileau, de rassembler les us et coutumes des classes laborieuses. Puis il donna à ces règles, recueillies dans le Livre des Métiers, un corps, une existence matérielle : il les confirma. Le roi était le gardien des libertés corporatives.

Est-il toujours facile à l’Etat de remplir son devoir en favorisant la réorganisation corporative ?
Cela lui est parfois impossible. Il arrive que l’Etat doit choisir entre son devoirs et son intérêt : son devoir lui commande d’appuyer les efforts des classes laborieuses ; son intérêt l’oblige à refuser à ces classes les libertés dont elles ont besoin pour sortir du prolétariat. C’est ce qui se produit aujourd’hui pour la France. La réorganisation corporative n’y est si peu avancée que parce que l’Etat dresse systématiquement des barrières à toute tentative de reconstruction sociale.

Pourquoi l’Etat, en France, est-il hostile aux libertés corporatives ?

Ces libertés sont pour lui une menace continuelle ; et il en est ainsi parce que l’Etat est constitué au rebours du principe corporatif, parce qu’il est une république démocratique.