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14.10.06

Sermon de l'abbé Laurent Guimon : Méditer !

15ème dimanche après la Pentecôte
Notre Dame des Armées

17 septembre 2006
abbé Laurent Guimon

J’ai fait une grande découverte cet été !
J’ai la chance d’avoir un frère qui a 8 enfants âgés de 15 à 1 ans.
Par un concours de circonstance je me suis retrouvé à devoir m’en occuper presque à plein temps pendants 3 semaines, car les parents n’étaient pas du tout disponibles ;
Et bien, j’ai appris énormément de choses…

En reprenant la messe de ce jour, en lisant les textes, j’ai presque l’impression que les saints pères qui l’ont composée, l’ont fait à l’intention des familles ; C’est presque la messe type pour les familles.

Dans l’Introït nous lisons : « Prends-moi en pitié Seigneur, car toute la journée je crie vers Toi »
Et c’est vrai dans une vie de famille ça n’arrête pas : entre le petit déjeuner et le coucher il n’y a pas un moment de répit.
Pendant ces trois semaines – et moi ce n’était que 3 semaines - plus d’une fois j’ai crié …vers Dieu.
Et vous connaissez toutes les expressions telles que « mais qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir des enfants comme cela »
Et pourtant ce sont des enfants normaux, pas plus terribles que d’autres, mais ça n’arrête pas.
Oui cet été j’ai beaucoup crié vers Dieu et... pas mal sur les enfants.
J’ai découvert ce qu’était la patience des parents, et là vraiment aujourd’hui vous parents je vous regarde avec admiration ; Après cette expérience très intéressante, je pense que tous les parents sont des saints, ou en tous cas qu’ils amassent des trésors de grâces et de mérites sur leurs têtes.

Saint François de Sales donnant des conseils sur l’éducation disait : « il faut une once de principe – un tonneau d’intelligence - et un océan de patience ».
- Une Once de principe : c’est presque facile
- Un tonneau d’intelligence : il faut au moins cela. Pour appliquer les principes à chaque enfant suivant son caractère, les circonstances ; oui et là aussi je l’ai découvert : les parents sont forcés d’être intelligents, pour arriver à faire progresser l’enfant, calmer une dispute, obtenir un service ; ils doivent développer des trésors d’intelligence.
- Un océan de patience : j’ai expérimenté les « à table » 10 fois ; sans cesse, sans cesse, il faut redire, il faut refaire. Ranger, re-ranger, re-re-ranger et quand tout semble fini… Recommencer au début car tout est déjà en bazar.
Aujourd’hui j’admire profondément les parents : En effet : il n’est pas facile, de faire croire à une brise légère, un soleil étincelant sur un océan de patience quand une tempête terrible gronde à l’intérieur.

Si vous lisez l’épître de Saint Paul au Galates de la messe d’aujourd’hui, vous pouvez aussi en faire une transposition à la vie de famille : « pas de rivalité, pas de jalousie, relevez-vous mutuellement »
Et cette phrase superbe est si vraie dans la vie de famille « il suffirait à chacun de regarder ce qu’il fait ; il trouverait bien en lui-même des motifs de fierté, sans aller se comparer aux autres » et encore « on récolte toujours ce qu’on a semé » et encore cette phrase pleine d’espérance : « faisons le bien sans nous décourager ; si nous savons ne pas nous relâcher, la moisson viendra en son temps »

Mais derrière ce tableau qui semble un peu sombre il y a une joie profonde dans la famille : et là aussi j’ai découvert ces moments extraordinaires on l’on peut dire en reprenant le graduel et l’Alleluia de la messe d’aujourd’hui : « qu’il est bon de proclamer sa foi dans le Seigneur et de chanter ton nom ; » « Notre Dieu est un Seigneur Magnifique, le Maître souverain de tout l’univers. Oui en famille il y a des moments extraordinaires.
L’éducation est une chose merveilleuse.
Mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas seulement l’application de bonnes méthodes
Il faut aussi la foi ;

Jean Paul II faisant un discours aux éducateurs soulignait que le problème dans l’éducation aujourd’hui était un problème de foi.
- On ne croit plus aujourd’hui que les enfants sont faits pour être saints, on se contente de leur faire faire de bonnes études. Non, les enfants ne doivent pas seulement êtres bons, ils ne doivent pas avoir une vie banale et médiocre, ils doivent être saints. Eduquer c’est conduire les enfants vers l’héroïsme de la sainteté.
- On ne croit plus que Dieu nous donne les moyens, et là il faut croire à la grâce, aux grâces d’état ; dans l’éducation il faut utiliser les sacrements.
Les sacrements ne sont pas un plus optionnel, non, ce sont les moyens que Dieu nous met à disposition pour faire grandir les enfants.

Tous les parents à un moment ou un autre sont dans la situation de la veuve de Naïm de l’Evangile : l’enfant semble mort ; le cœur de l’enfant, l’âme de l’enfant, semblent morts ; il faut croire, et seule la vertu de foi peut nous le faire affirmer avec autant de certitude : il faut croire que le Christ passera sur le chemin et ressuscitera l’âme perdue.

Je célèbre aujourd’hui la messe particulièrement à l’intention des familles, pour les parents qui sont les premiers éducateurs de leurs enfants, qu’ils aient sur leur charge, sur leur vocation un regard de foi et d’espérance ;

Vous le savez, on parle souvent de la famille comme « Eglise domestique ». Alors, je reprends pour terminer la collecte de la messe : « Daignez, Seigneur, purifier et protéger votre Eglise, par votre incessante miséricorde : et, puisque sans vous elle ne peut garder sa stabilité, que votre grâce la gouverne toujours.